Témoignage d'une patiente métamorphosée après une déprogrammation des mémoires cellulaires...

 

 

Pour Georges Denis, docteur des âmes.... avec tant de retard mais tellement de gratitude et d'admiration.... Une rencontre improbable

La première fois que j'ai entendu parler de Georges Denis, ce fut de manière assez inattendue. Alors que j'étais étudiante en Allemagne, j'avais fait la connaissance d'une jeune femme française prénommée Catherine, avec laquelle j'avais sympathisé. Comme elle voulait poursuivre ses études à Paris et que l'année suivante, revenue moi-même à Paris, je cherchais, avec une autre amie, une colocataire, je l'avais contactée et nous avions en effet emménagé ensemble.

Je ne peux pas dire que Catherine ait jamais compté parmi mes meilleures amies, mais j'aimais bien bavarder avec elle. Comme je lui faisais part d'un certain mal-être, elle m'avait dit qu'elle voyait un psychothérapeute dans le même arrondissement que celui où nous habitions. Elle insistait souvent pour que je le voie aussi mais j'ai mis un peu de temps avant de franchir ce pas. Il faut dire que mes relations avec Catherine se détérioraient et que je n'accordais plus vraiment de crédit à ce qu'elle me racontait.

Mais le faisceau d'incidences (j'aurais pu perdre cent fois la trace de Catherine depuis l'Allemagne, et c'était incroyable de penser que Georges Denis était désormais à quelques stations de métro de l'appartement dans lequel nous logions) et mon envie de sortir de cet état si paralysant furent plus fort que mes réticences à l'égard du témoignage de Catherine.

 

Un début difficile

 

J'avais dû auparavant recourir à l'aide d'un psychiatre puis d'un psychothérapeute et je ressentais un fort sentiment d'échec à l'idée de « reprendre » une psychothérapie. Et pourtant, ces séances ne m'avaient pas réellement aidée à sortir de ce qui faisait le lit de mon existence: l'angoisse, la peur permanente de ce qui pourrait m'advenir, le sentiment de n'être jamais comprise ni aimée et, surtout, celui d'avoir été abandonnée. En effet, ma mère étant morte quelques années auparavant, j'avais dû faire face, au delà de ce que je ressentais comme une immense perte, à la dépression et l'alcoolisme de mon père, alors que mon frère et ma soeur s'étaient réfugiés dans leur vie déjeunes mariés.

Evidemment, tout cela faisait de moi une jeune adulte peu équilibrée: j'essayais de mener à bien mes études mais sans conviction et donc laborieusement, mes histoires d'amour étaient compliquées et se soldaient bien souvent par de cuisants échecs, et je trouvais mes amitiés décevantes. Dans les meilleurs moments, je me rassurais devant un miroir en me trouvant belle et promise à un brillant avenir.

Georges Denis a vu immédiatement, il me l'a souvent dit par la suite, que je devais être la seule à me voir ainsi, tant la peur devait ressortir de tout mon être. « Vous vous rappelez comment vous étiez AVANT? » s'est-il souvent plu à me dire.... C'est justement ce que j'essaie de faire maintenant et au vu des difficultés que je ressens à m'en souvenir aujourd'hui, que je me rends compte de ses dons extraordinaires.

J'ai d'ailleurs compris assez vite que sa manière de procéder ne serait pas comparable à celles que j'avais connues. Et il m'a fait comprendre sans ambages que, d'une part, j'avais perdu mon temps avec ces soit-disant confrères et que, d'autre part, je devais le suivre en tout point ou partir. « Je ne vous ai pas appelée, je ne vous retiendrai pas. » Ces formules, je devais les entendre un certain nombre de fois en quelques dix ans de thérapie. Une telle rudesse m'a effrayée - mais de quoi n'avais-je pas peur alors?- et j'ai eu au début également du mal à adhérer à la méthode, qui me semblait être un simulacre de séance freudienne sur un divan moderne.

Il m'a fallu quelques séances avant de me laisser aller, en m'allongeant, à suivre ce qu'il me disait de faire, car j'avais l'impression de devoir obéir à une sorte de gourou. C'est là que le témoignage de Catherine m'a été utile, car j'avais eu le temps, malgré tout, de voir qu'elle n'avait pas été embrigadée dans une secte! Il faut dire aussi que ces premières séances me bousculaient beaucoup: chaque séance durait deux -longues- heures (enfumées!!) et se reproduisait tous les quinze jours. J'en ressortais en général plus mal en point que je n'étais arrivée, me posant davantage de questions et me découvrant de nouvelles douleurs. Il me fallait une semaine pour me sentir à nouveau bien, mais cette sensation d'un bien-être jusque là inconnu, a fini par me convaincre.

 

De la régularité dans le travail....

 

Je ne saurais dire quand s'est produit ce déclic qui m'a permis de considérer que mes séances constituaient l'activité la plus fondamentale de mon existence d'alors, et que Georges Denis était mon meilleur allié, malgré sa façon, bien à lui, de me bousculer. A partir de ce moment là, je n'aurais manqué une séance pour rien au monde et je crois avoir été une « élève » plutôt sérieuse. J'avais intégré ce fonctionnement si particulier, partant de sensations parfois infimes, dont Georges Denis semblait parfois creuser le sillon afin qu'elles deviennent des douleurs intenses, et qu'elles révèlent ainsi des dysfonctionnements profondément ancrés. Combien de fois ai-je eu mal à la tête, à l'oreille (droite) ou au dos, alors que je ne ressentais, en arrivant, qu'un simple point douloureux?

J'étais impressionnée - et je le suis toujours aujourd'hui- par la manière dont Georges Denis « vivait » ces douleurs avec moi, comme s'il les ressentait lui-même. Il parvenait d'ailleurs à guider mes sensations comme s'il en connaissait l'issue. L'issue, c'était bien souvent une grande fatigue et mes assoupissements, dont j'avais un peu honte au départ, ne l'étonnaient jamais: « Laissez vous envahir par cette fatigue » me disait-il. J'étais en fait exténuée par un parcours tout intérieur, qui remontait à la source d'un traumatisme que je croyais ignorer. Quelle n'était pas ma surprise de découvrir, à un moment donné, un lien avec un épisode de mon enfance ou même, de ma vie in utero.

Telle est bien la magie de ce travail qui ressemble à celui du jardinier: en déracinant les peurs les plus ancrées en moi, nous avons arraché, « enlevé » comme le dit Georges Denis, tout ce qui m'empêchait de pousser droit. Mais ce fut bien plus qu'un simple désherbage, car j'ai eu l'impression de retrouver les « bonnes » racines, celles, nécessaires, qui m'ancraient vraiment dans ma vie à moi. Les autres, les mauvaises, provenaient des différentes « empreintes » de mes parents ou de mes ancêtres. J'ai ainsi réalisé que je portais en moi le poids de ma place de troisième dans ma fratrie, non pas en tant que,telle, mais par le truchement de ma grand-mère paternelle qui avait tant pesé sur son petit dernier, mon père.

Ce genre de découverte mettait à mal toutes les idées simples que je pouvais avoir sur mon histoire personnelle: là-encore, la force de Georges Denis a été de me faire comprendre que rien n'était si simple que je voulais le croire, et que mon « inconscient » était mon propre ennemi. Souvent personnifié dans les discussions que nous avions à la fin des séances, il apparaissait comme ce double, un peu maléfique, qui nous masque une réalité trop douloureuse pour nous faire vivre dans l'illusion du bien-être. Parallèlement, notre corps nous délivre des messages qui nous alertent sur cette fausse route que nous prenons.

Sans Georges Denis, je serais toujours en train d'errer sur cette route.... Une route sur laquelle à ce moment là, grâce à lui, j'ai rencontré celui qui est devenu mon mari, un homme aimant, respectueux et attentionné comme, naturellement, je n'en avais jamais attiré auparavant. Une route sur laquelle, aussi, j'ai réussi un concours difficile, grâce auquel j'exerce aujourd'hui un métier que j'aime.

 

Une vitesse de croisière

 

Le travail était donc bénéfique à plus d'un titre et je me réjouissais à chaque fin de séance de cette « lumière qui rentrait » et « purifiait » mon corps, comme si, à chaque fois, je repoussais encore un peu plus mon ennemi intérieur. Celui-ci s'est rebellé plus d'une fois et Georges Denis, patiemment mais plutôt fermement malgré tout, me ramenait sur le droit chemin. Je ne peux pas dire que je ne lui en voulais pas parfois, car j'aurais aimé ronronner, une fois de temps en temps, dans cette fameuse illusion que tout n'allait pas si mal. Mais je devais « avancer », j'étais là pour cela et lui ne tenait pas à perdre son temps. Comme je lui suis reconnaissante aujourd'hui de m'avbir ainsi poussée dans mes retranchements!

Au bout de quelques temps, j'ai perçu comme une récompense le droit de ne venir qu'une fois par mois au lieu d'une fois par quinzaine. Il se trouve que j'avais déménagé loin de Paris, mais je n'aurais jamais osé arguer de cela pour m'exempter moi-même de cette régularité. C'est Georges Denis qui a devancé mon appel, ce qui, finalement, n'était guère étonnant. Ce « travail », toujours aussi fondamental dans mon existence, est donc devenu un trajet, une sorte de pèlerinage qui n'était réellement pesant que lorsque je prenais le train à 7h30 le samedi matin.

 

La petite fille devient femme

 

Chaque mois, donc, les séances étaient plus fructueuses, les douleurs s'estompant et me donnant toujours plus l'impression d'être vivante, en harmonie avec mon corps et sans appréhension du monde qui m'entourait. Il paraît banal de dire qu'une telle thérapie constitue une forme de renaissance, mais cela prend tout son sens lorsqu'on connait la méthode de Georges Denis. Par la remémoration des sensations vécues in utero qui doit permettre de « revivre sa propre naissance », comme si l'on refaisait son chemin d'existence à rebours. Les simples mots décrivent mal ce qui se passe à travers un tel processus et il suffit juste de constater ce qui en résulte. Dans mon cas, et presque sans que je m'en rende compte, cela m'a permis de me défaire d'une empreinte maternelle si forte, qu'elle m'empêchait de vivre ma propre existence. Une fois de plus, rien n'était aussi simple que je ne l'avais cru: j'adulais ma mère et n'avais que haine, rancoeur et animosité envers tous les autres membres de ma famille que je tenais pour responsables de sa mort et, par conséquent, de mon mal de vivre.

En me défaisant, lentement et grâce à l'acharnement de Georges Denis, de cette emprise, j'ai cessé de chercher à l'extérieur de moi des objets de mon ressentiment.

En fait, ce ressentiment s'est d'ailleurs étiolé, même si, il faut bien l'avouer, il nous a fallu beaucoup de temps pour arriver à un tel résultat. Mes relations avec les membres de ma famille se sont grandement apaisées, et j'ai pu envisager d'entretenir avec eux des relations dénuées de toute souffrance. J'ai appris ainsi, sans que cela soit lié à un processus conscient, à vivre indépendamment d'eux une vie qui était enfin celle... d'une femme réellement libre.

Les séances prenaient d'ailleurs une autre tournure, les douleurs en étant quasiment absentes désormais, elles laissaient la place à des images fournies, n'ayant aucune référence au réel mais que je vivais comme régénérantes. Les questions de Georges Denis à la fin des séances étaient différentes: « Comment vous sentez-vous par rapport à d'habitude? ». Si j'avais du mal à trouver les mots appropriés, je m'approchais de la vérité en répondant: « Plus dense, plus vivante », et j'étais sûre qu'il comprenait ce que cela signifiait.

 

Se détacher, s'élever

 

Je crois que c'est seulement à ce moment là que j'ai compris qu'à mon tour je pouvais « m'élever », comme le répétait souvent Georges Denis. J'avais assimilé jusque là cette expression à une forme d'arrogance et de mépris d'autrui, qui, je l'avoue, m'agaçait un peu. J'avais oublié trop vite un des fondements de cette méthode, qui exclut totalement la référence à l'autre. Le détachement que m'avait procuré cette « renaissance » à moi-même, m'avait permis de me détacher de mon environnement familial. Ce détachement m' a donc amenée, lentement mais sûrement à accepter une forme de solitude finalement harmonieuse à laquelle je ne m'attendais vraiment pas, moi qui croyais qu'être seule, c'était être abandonnée... Une fois de plus, j'ai compris que certaines phrases de Georges Denis étaient capitales et qu'il les répétait pour qu'elles cheminent en moi: « On vient seul au monde et on meurt seul, Claire ». Je crois que j'ai souvent voulu ignorer cette sentence qui me paraissait terrible et qui, pourtant, m'a très simplement aidée à vivre en paix avec moi même.

Consentir à cette solitude, c'est aussi, paradoxalement, accepter que certains événements se passent alors que nous nous n'y attendions pas, accepter, donc, de ne pas tout contrôler. Les guides sont « là-haut » dit souvent Georges Denis, et le travail fait avec lui m'a fait comprendre que, débarrassés des inepties accumulées au fil du temps, notre corps et notre esprit savent capter les

 

messages de ceux de « là-haut » pour avancer. Il n'y avait là aucun mysticisme déplacé, je n'avais d'ailleurs plus cette crainte des débuts à ce moment là, mais plutôt une leçon d'humilité de bon aloi. Qui pourrait croire que nous, simples êtres humains, sommes capables de tout? Et, en y réfléchissant, j'ai aussi compris que tout ce processus relevait de la volonté de s'élever, toujours et encore.

 

 

Devenir mère en se « détachant » de la sienne

 

Chaque mois, je repartais donc de Paris avec une énergie nouvelle et cette sensation de « m'appartenir » enfin. Un autre « miracle » s'est alors produit: alors que j'avais, aux yeux de médecins très savants, des difficultés à tomber enceinte, Georges Denis me disait d'être patiente et d'attendre. Evidemment, et malgré le chemin parcouru, j'avais du mal à me montrer patiente et à croire que cela n'était qu'une question de temps. Et pourtant, j'ai fini par être enceinte, au moment où je ne m'y attendais plus. Je n'ai pas vu Georges Denis pendant neuf mois et j'ai suivi ses conseils à la lettre, en particulier celui de ne le revoir que lorsque je m'en sentirai prête. Cette maternité que je craignais, au vu du lien si fort que j'avais entretenu avec ma propre mère m'a montré, alors que je n'avais plus besoin de preuves, combien le travail avait été fructueux.

J'ai vécu ma deuxième grossesse et l'arrivée de ma petite fille avec un sentiment encore plus fort de sérénité. J'ai d'ailleurs accouché toute seule ... et j'ai vraiment réalisé que, grâce à Georges Denis, j'étais définitivement devenue une adulte, moi qui étais arrivée enfant chez lui. Par la suite, j'ai su que tout ce que j'ai dû faire pour chacun de mes enfants en tant que mère, je n'aurais pas pu le faire sans ce travail de fond qui m'a permis, entre autres choses, de me défaire de l'empreinte qu'avait laissé la mienne.

 

 

Le maître et j'élève / Regarder ia maison qui brûle sans défaillir

 

Il est difficile de dire ce que Georges Denis a vraiment libéré en moi, mais j'ai l'impression que le mot d'« acuité » est le plus approchant et il va sans dire qu'il ne s'applique pas ici seulement au champ visuel. C'est avec cette acuité là, décuplée en quelque sorte, que j'ai appréhendé non seulement mes propres ressentis mais aussi mon environnement, comme si je le comprenais mieux et plus rapidement.

Les conversations que nous avions avant et après les séances m'ont évidemment aussi beaucoup aidée à développer cette acuité, tant j'avais l'impression d'apprendre de ce qu'il me racontait. Après tant d'années, bien-sûr, quelque chose m'attachait à lui et cet attachement s'est transformé en inquiétude, lorsque j'ai vu changer son comportement. Par trois fois, j'ai été désarçonnée par ses réactions qui ne correspondaient pas du tout à ce que je connaissais de lui. La troisième fois, le trouvant amaigri et fatigué, voyant certains indices dans son appartement, j'ai compris que quelque chose n'allait pas. Comment faire comprendre à un être que l'on admire tant qu'il est temps pour lui de déposer les armes et d'admettre une fragilité, qui n'est sans doute que passagère? Malgré le mal qui l'accablait, Georges Denis campait sur ses positions et semblait ne rien vouloir entendre de mes conseils. Son indépendance, brandie comme un étendard, était intacte, alors qu'il s'étiolait visiblement de jour en jour.

J'ai été désarmée par ce comportement paradoxal, ma conscience me disant qu'il avait avant tout besoin d'aide, mais j'ai compris qu'il ne m'était pas accessible. Il n'y avait évidemment rien à comprendre et il aurait fallu agir sans se poser tant de questions. Mais, ultime leçon, il m'avait inculqué un grand respect de la différence avec autrui, ne cessant de me refréner dans mes élans altruistes: « Si on ne vous demande pas d'aide, vous n'avez pas à en apporter, elle serait mal reçue. » J'ai donc essayé tant bien que mal, comme il me l'avait appris une fois encore, de « regarder la maison brûler sans défaillir » et j'ai même .... fait mes adieux au « docteur des âmes ». Cela n'avait rien à voir avec son état, je me sentais prête à voler de mes propres ailes. Bien-sûr, ces adieux n'en

 

furent pas, mais il n'était pas question de me sentir frustrée, mon inquiétude étant, malgré ma bonne volonté, prioritaire sur le reste.

J'ai beaucoup pensé à Georges Denis pendant ces longs mois, pendant lesquels je n'ai pas réussi à avoir de ses nouvelles. Je me suis rendue compte à cette occasion combien je pouvais peu pour celui qui m'avait tant aidée, ce qui a constitué un apprentissage supplémentaire pour moi. Mais cette force que Georges Denis a su nous transmettre, à moi et à d'autres, est avant tout la sienne et c'est avec admiration et ravissement, que j'ai constaté comment il avait réussi à surmonter cette épreuve. Peu de mots peuvent exprimer cela, si ce n'est l'accumulation suivante, qui m'a servi de fil directeur:

le miracle d'une résurrection, l'être exceptionnel qui se réveille, les forces, toujours et encore....